L'hypnose pour mieux dormir

En quoi la pratique de l’hypnose permettrait-elle de favoriser le sommeil ?

Dormir d’un œil ou sur ses deux oreilles…   Écoutons voir …

L’hypnose – loin d’être une pratique à dormir debout – est vivement préconisée par les professionnels de la santé pour recouvrer le sommeil du juste.

Le sommeil est un besoin naturel, absolument essentiel au bon fonctionnement de l’organisme humain. Il joue un rôle primordial dans le maintien de notre équilibre physiologique et nos aménagements psychiques. Et cela, quel que soit notre âge, quelles que soient les étapes de notre vie.

Nous sommes pourtant nombreux à souffrir d’un sommeil altéré, ou peu réparateur.

Voyons donc un peu de quoi il retourne lorsqu’on se retourne comme une crêpe racornie au fond de son lit en s’énervant…
Puis observons comment l’hypnose peut agir en tant que processus actif de rétablissement, que ce recours soit utilisé seul ou bien en complément d’un traitement médicamenteux.

1. Mais d’abord, quels sont les effets de l’insomnie sur notre quotidien ?

L’insomnie serait tout à la fois cause et conséquence d’un stress, d’un trouble anxieux, voire d’une dépression. Bien qu’à la fin on ne sache plus très bien par quel bout appréhender ce cercle vicieux, ce que l’on sent en revanche, c’est qu’une fois perdu dans les nimbes du déni, on oscille fréquemment entre stimulants et calmants, agacement et culpabilité, procrastination et dispersion ou confusion…

Privé d’un sommeil
restructurant et suffisamment long et profond, on se voit confronté à différents troubles et embarras tenaces, tels que fatigue passagère ou chronique, somnolence, irritabilité et anxiété, ou encore prise de poids ou perte d’appétit, libido en berne, élan vital en dents de scie… pour ne citer ici que quelques uns des effets déplaisants de l’insomnie qui, à la longue, pourrait bien faire le lit à un état dépressif plus ou moins sévère, plus ou moins durable.

Or, si un
sommeil de qualité n’est pas rapidement rétabli, nous allons aux devants de nombreuses déconvenues. Qui ne sont toutefois pas irréversibles. Et c’est là qu’intervient le processus hypnotique. Pourvu qu’évidemment, on se décide à y avoir recours.

2. Comment fonctionne notre sommeil ?

hypnose MarseilleIl s’agit encore d’un processus relativement mystérieux. Les études scientifiques montrent toutefois que celui-ci joue un rôle prépondérant dans notre équilibre.

Constitué de différentes phases (ou cycles), le sommeil revêt de multiples aspects, variables d’une personne à l’autre, d’un âge à l’autre, voire d’une nuit à l’autre.

Pour simplifier, reprenons la définition de l’Inserm : Le sommeil : faire la lumière sur notre activité nocturne. 

« Le sommeil correspond à une baisse de l’état de conscience qui sépare deux périodes d’éveil. Il est caractérisé par une perte de la vigilance, une diminution du tonus musculaire, un abaissement du rythme cardiaque, et une conservation relative de la perception sensorielle. »
Ajoutons à cela une paralysie partielle du système moteur en phase paradoxale, nous permettant de « vivre » nos rêves sans nous mettre physiquement en danger.

La nuit venue, après le stade d’endormissement, les bras de Morphée nous tiennent et nous maintiennent en sommeil par rythmes transitoires, lesquels correspondent schématiquement à une succession de 3 à 6 cycles consécutifs, chacun d’une durée de 60 à 120 minutes (soit une moyenne de 90 minutes environ). Un cycle est lui-même constitué d’une suite alternée de sommeil lent et de sommeil paradoxal. Il est fondamental pour un fonctionnement optimal de l’organisme que notre sommeil respecte scrupuleusement et dans leur intégralité ses cycles successifs.

Au cours de cette alternance, différentes phases sont traversées par notre psychisme et notre physiologie, chacune ayant pour diligence de restaurer notre organisme des innombrables « agressions » subies dans la journée et qui créent ce que l’on appelle communément la « fatigue ». Recharger les batteries donc, prendre du repos, du recul, permettre au corps et à l’esprit de s’absenter de la vie courante afin d’entrer en travail de normalisation des fonctions vitales et de régulation du système nerveux et émotionnel.

3. Et la place du rêve ?

En effet, intervient ici la part du rêve et la partition qu’il a à jouer, évidemment. Partition omise, négligée, oubliée la plupart du temps par notre esprit éveillé et conscient. Essentielle pourtant, cette partition, à la régulation des pulsions et au rééquilibrage des émotions.

Si la fonction du rêve est elle aussi encore mal connue, on sait toutefois qu’il peut durer entre 10 et 60 minutes lors du sommeil paradoxal. C’est Michel Jouvet, neurobiologiste lyonnais et pionnier de l’hypnologie en France, qui a mis au jour dans les années 1950, l’existence du sommeil paradoxal, le reliant directement aux rêves.

La mécanique du rêve conserve de nos jours encore tous ses mystères, mais cette production d’images et de scénario pendant notre sommeil n’est certainement pas anodine.

A ce titre, rêver serait donc vital. Et on veut bien le croire, tant il est exceptionnel que notre organisme mette en place des fonctions inutiles. Sans entrer ici dans le détail de la production de rêves, de leur mécanique supposée et de ce qu’ils révèlent de nous, de nos conflits intérieurs et de nos pulsions (la littérature scientifique abonde sur le sujet), on pourra affirmer sans trop se tromper, que rêver fait partie intégrante du processus de restructuration de l’organisme et qu’il est capital de laisser son corps et son cerveau rêver…

Force est donc de constater à quel point l’insomnie constitue un obstacle évident à notre bien-être, à notre épanouissement, voire à notre santé.

4. Mais l’insomnie, c’est quoi ?

L’insomnie est un symptôme auquel de nombreuses personnes sont assujetties. Ses manifestations sont aussi diverses que les causes en sont variées et les contextes d’apparition plus diversifiés encore.
L’insomnie peut prendre différentes formes : difficulté d’endormissement, réveils nocturnes, sommeil en pointillés ou trop léger, trop court et peu réparateur, cauchemars, terreurs nocturnes…

Il existe des causes organiques parmi lesquelles on peut citer à titre d’exemple :
absorption d’excitants (café, thé, alcool, psychotropes ou drogues, certains médicaments, amphétamines, vitamine C…)
troubles de la circulation des membres inférieurs provoquant fourmillements et crampes
douleurs musculaires ou osseuses
apnée du sommeil…

Mais les causes les plus courantes – qui viennent parfois même s’ajouter aux causes organiques – sont celles liées à la pensée elle-même, production anarchique d’un cerveau en suractivité : ruminations, obsessions et troubles anxieux issus de conflits intériorisés, plus ou moins conscients, en provenance de la sphère professionnelle, sociale ou familiale qu’ils soient ou non reliés à des événements traumatiques subis dans l’enfance ou relevant de carences affectives…

Or, l’insomnie, rappelons-le, n’est qu’un symptôme. Et un symptôme ne se soigne pas. On ne peut agir sur lui en tant que tel. Pour l’éradiquer, il nous faudra remonter à sa cause ou à la multiplicité de ses causes. Il conviendra de démêler, fil à fil, un écheveau bien dense et bien épais, surtout lorsque les années se sont accumulées.

Ce travail paraît souvent long et fastidieux et plus d’un se sent découragé d’avance à la seule perspective de devoir mettre les mains dans le moteur de sa psyché, créant ainsi une réticence consciente, voire une résistance inconsciente.

Il n’empêche que si l’on souhaite véritablement guérir d’un sommeil que l’on sait troublé, si l’on souhaite véritablement se laisser aller aux bras de son Morphée unique et régénérant, on ne pourra faire l’économie d’un examen minutieux des causes profondes qui viennent entacher notre relation à ce divin marchand de sable. Il conviendra d’observer, d’identifier et d’apprendre à se restructurer dans une démarche à la fois consciente et volontaire mais non volontariste.

L’accompagnement par un professionnel – médecin, psychiatre, psychologue – peut s’avérer nécessaire et très utile, mais n’oublions pas que le gros du travail se fait entre soi et soi…

5. Et l’hypnose dans tout ça ?

L’hypnose, mais c’est simple comme « Bonjour » ! Et tout aussi difficile à mettre en place qu’un « Bonjour » conscient et répété, adressé à chaque fois avec la même foi et la même conscience profonde, la même présence à soi-même …

L’hypnose et l’autohypnose sont des alliées de taille dans ce processus de restructuration. Quant à l’hypnose thérapeutique (c’est-à-dire une hypnose menée par un praticien formé entre autres aux thérapies comportementales et cognitives), elle a désormais démontré son efficacité patente et durable pour tout ce qui concerne le déracinement des pensées nocives, des perceptions erronées et le réapprentissage de comportements nouveaux et adaptés permettant notamment le recouvrement d’un sommeil de qualité.

6. Comment agit l’hypnose sur l’insomnie ?

Dans un premier temps, en se mettant consciemment et volontairement sous hypnose avec ou sans l’aide d’un tiers, thérapeute ou bande audio, la personne va agir sur son cerveau, provoquant ainsi un ralentissement de ses propres ondes cérébrales. Cette démarche simple à première vue, constitue déjà une aide considérable pour l’insomniaque puisqu’elle le rapproche progressivement du sommeil profond.

Le cerveau placé en mode relaxation, glisse doucement depuis les ondes rapides (Bêta) vers les ondes plus lentes, appelées Alpha.

Les ondes Bêta relèvent d’un état de plein éveil des sens et de l’intellect, d’activité physique ou de traitement actif de l’information. La fréquence électrique enregistrée varie entre 14 et 30 Hertz.

Les ondes Alpha (entre 7 et 14 Hertz) correspondent quant à elles, à un état de relaxation ou de « transe » hypnotique dites « légères ». C’est cette sensation que l’on ressent lorsqu’on est paisiblement installé, les yeux clos, au repos ou en méditation.

Cet état que nous expérimentons tous, le plus souvent à notre insu, se caractérise par l’impression diffuse que notre conscience « décroche » et que nous nous ouvrons alors à une autre réalité, à une perception sensorielle différente. Il s’agit par exemple de ces moments où l’on s’absorbe dans une tâche répétitive, la conduite d’un véhicule sur l’autoroute, la lecture, un bon film ou la rêverie solitaire.

A partir des ondes Alpha, il nous est alors plus facile d’abaisser encore le niveau des fréquences cérébrales en nous laissant couler dans les profondeurs bénéfiques des ondes Thêta. Ces dernières correspondent à un sommeil léger (entre 4 et 8 Hertz). Dès lors, on se laissera enfin glisser agréablement vers les ondes Delta (inférieures à 4 Hertz), lesquelles correspondent au sommeil profond.

Arrêtons-nous un instant sur les ondes Thêta qui intéressent tout particulièrement la personne friande d’hypnose. Car ce sont celles de « la transe hypnotique profonde » que l’hypno-thérapeute induit en cabinet par un protocole approprié. Les visées sont ici thérapeutiques. C’est à partir de cette fréquence cérébrale que l’on peut agir avec une efficacité optimale sur les schémas cognitifs de la personne qui consulte, sur ses pensées erronées, et inhiber progressivement des apprentissages jugés nocifs en les remplaçant par des apprentissages adaptés lesquels vont immanquablement générer de nouveaux comportements, souhaités, bénéfiques et valorisants.

C’est lorsque le cerveau est ralenti en ondes Thêta (et avant de basculer dans le sommeil profond) que les inductions et les visualisations, avec leur cortège de ressentis et de perceptions variés, ainsi que des apprentissages ciblés, vont pouvoir s’ancrer rapidement et profondément dans la mémoire à long terme.

Bien entendu, le « remède miracle » n’existe pas, c’est bien connu ! Toutefois, des stratégies spécifiques – souvent simples et tombant sous le « bon sens » – peuvent être mises en place avec des effets souvent spectaculaires. Les conseils répétés à longueur de vidéos ou de livres vulgarisateurs sur le bien-être sont donc repris ici-même. La liste qui suit n’est bien sûr pas exhaustive et il appartient à chacun de mettre en place son petit rituel intime de coucher. Voici donc quelques uns de ces conseils qu’il ne sert évidemment à rien d’apprendre par cœur, mais bien plutôt de mettre en œuvre :

  • faire de l’exercice physique dans la journée
  • se coucher à heure fixe et bien avant minuit (le cerveau adore la répétition et le rituel)
  • éteindre écrans, télé, portables, tablettes, bref pas d’images
  • mettre éventuellement de la musique douce si, pour les grands anxieux, le silence est insupportable
  • baisser la luminosité de la pièce
  • se faire une tisane avec des herbes qui détendent (type verveine, camomille, etc.)
  • prendre un livre (s’il est ennuyeux ou trop compliqué, c’est encore mieux)
  • ne se rendre dans son lit que pour s’y allonger, tous feux éteints, et y dormir. On pourra aussi procéder à une séance de relaxation/visualisation, type autohypnose,
  • éventuellement s’aider par l’écoute d’un script hypnotique favorisant l’endormissement

Évidemment si tout cela ne fonctionne pas, ou fonctionne mal, on ne peut que recommander un rendez-vous chez un professionnel de la santé psychique, pour un travail plus approfondi.

Lorsque les troubles liés à l’anxiété se font prégnants, envahissants (avec ou sans comorbidités), il est judicieux de se faire accompagner. Le travail conjointement mené (ce que l’on nomme dans le jargon psy « l’alliance thérapeutique congruente ») aura pour effet d’aider la personne anxieuse à identifier les origines de son mal-être. La relation duelle de confiance et de bienveillance déployée et encouragée par le praticien, va servir à remonter par étapes aux racines même de ce mal de vivre.

Le travail va principalement porter sur les ressentis corporels associés à des émotions refoulées qui font obstacle dans le corps et la psyché au moment présent. Le seul moyen d’agir sur cette mémoire affective profondément ancrée, est de « retraverser » – dans le moment présent – les émotions douloureuses et enkystées dans le corps et les circuits cérébraux.

Il s’agit, ne le cachons pas, d’un processus qui peut parfois être inconfortable à vivre. Pour autant, si l’accompagnement est bon, si la détente, la confiance et l’ancrage positif suscités par le thérapeute sont au rendez-vous, cette traversée des émotions en souffrance se fera en douceur, permettant une délivrance souvent aussitôt perceptible dans le corps.

Afin de parfaire ce rééquilibrage, suit alors la restructuration cognitive menée par le praticien. Celle-ci est distillée conformément à des protocoles précis et taillés sur mesure, parfaitement adaptés au passé de la personne et à sa maturité cognitive. C’est lorsque la libération psychocorporelle et émotionnelle s’est faite, que l’apaisement apparaît, tandis que le travail psychothérapeutique prend fin.-+

Pas du tout. Il ne fait que se mettre en écoute bienveillante, puis il déploie scripts et outils qui auront une action neurobiologique (aujourd’hui validée par les neurosciences). Cela se fait selon des protocoles minutieusement étudiés et adaptés qui vont, entre autres, stimuler ou/et inhiber la production de certains neurotransmetteurs dans le cerveau de la personne qui consulte, tout en intégrant parallèlement de nouveaux apprentissages.

Le nombre de séances d’hypnose varie en fonction des troubles, du niveau d’anxiété identifié et des résultats escomptés. La capacité du sujet à se laisser porter, à lâcher-prise et à autoriser son inconscient à collaborer entre également en ligne de compte.

En matière de neuro-programmation, l’accent est mis sur la stimulation de la sérotonine et de la dopamine, et sur l’inhibition de la production de cortisol, d’adrénaline et de noradrénaline. Pour ce qui concerne les troubles du sommeil, le praticien s’attachera aussi à stimuler la mélatonine, souvent déficiente notamment dans les dépressions ou dans les troubles affectifs saisonniers. Pour ce faire, on procèdera à des relaxations, des visualisations, des ancrages, et enseignera des méthodes d’autohypnose et même d’auto-rédaction de scripts hypnotiques.

11. Conclusion

Pour résumer, la pratique de l’hypnose est une démarche simple et naturelle, que l’on peut apprendre pour s’aider soi-même. Le travail d’expression orale, émotive et corporelle qui l’accompagne, a des bénéfices notables sur la durée dès lors que l’on se trouve en interaction avec une personne sachant nous orienter et nous guider.

Mais la pratique en solo est tout autant salutaire. Quelques séances suffisent souvent pour être en mesure de devenir son propre hypno-thérapeute et naviguer ensuite de jour en toute autonomie dans sa vie éveillée, tout en dormant la nuit sur ses deux oreilles.